Shakespeare proposait de tuer tous les avocats...
La modernité ne les a pas heureusement tués ! Mais la mondialisation commence, tout doucement, à les délocaliser.
Un avocat, délocalisable tout comme une centrale d’appels ? Avouons que cette perspective nous laisse absolument perplexe. Pourtant, c’est bel et bien une tendance observée, depuis 2004, au sein de certains cabinets d’avocats et entreprises outre-Atlantique.
Des entreprises comme Microsoft, GE, Cisco, Morgan Stanley, Oracle et American Express, ont déjà franchi le cap en délocalisant certaines de leurs activité juridiques en Inde. Les avantages ? Une main d’oeuvre moins chère pour accomplir des tâches administratives sans valeur ajoutée... Cet outsourcing peut paraître choquant de la part d’une entreprise, mais cela l’est d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un cabinet d’avocat. Jones Day, le cabinet d’avocat américain renommé, s’est aussi décidé à suivre cette mouvance, afin de satisfaire la demande de ses clients. D’après Robert Profusek, le co-responsable de l’activité fusions-acquisitions, l’objectif est de conserver à Londres ou à New york, les "most valuable people", soit les avocats les plus performants, et d’envoyer les tâches administratives vers les pays émergents.
Un avocat, délocalisable tout comme une centrale d’appels ? Avouons que cette perspective nous laisse absolument perplexe. Pourtant, c’est bel et bien une tendance observée, depuis 2004, au sein de certains cabinets d’avocats et entreprises outre-Atlantique.
Des entreprises comme Microsoft, GE, Cisco, Morgan Stanley, Oracle et American Express, ont déjà franchi le cap en délocalisant certaines de leurs activité juridiques en Inde. Les avantages ? Une main d’oeuvre moins chère pour accomplir des tâches administratives sans valeur ajoutée... Cet outsourcing peut paraître choquant de la part d’une entreprise, mais cela l’est d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un cabinet d’avocat. Jones Day, le cabinet d’avocat américain renommé, s’est aussi décidé à suivre cette mouvance, afin de satisfaire la demande de ses clients. D’après Robert Profusek, le co-responsable de l’activité fusions-acquisitions, l’objectif est de conserver à Londres ou à New york, les "most valuable people", soit les avocats les plus performants, et d’envoyer les tâches administratives vers les pays émergents.
Objectif : réduire les honoraires et satisfaire ainsi davantage les clients.
Il n’est pas étonnant que cette tendance atteigne d’abord les cabinets d’avocats américains, dont les honoraires sont plus que réputés... Cependant, délocaliser les tâches "basiques", ou routinières, sans grande valeur ajoutée, revient au bout du compte à industrialiser certaines démarches juridiques. Ce qui n’est pas neutre déontologiquement. Certains cabinets d’avocats américains déclarent même que la délocalisation peut se substituer au travail d’avocats juniors. Dès lors, question inquiétante : comment les jeunes avocats se formeront-ils et deviendront-ils seniors ? Les ressources humaines ont plus que du pain sur la planche !
Autre objectif de l’outsourcing : déjouer les effets pervers de l’immobilier.
A l’heure de la crise des subprimes, il faut reconnaître que l’inflation immobilière porte aussi préjudice au secteur du conseil. Lorsqu’un avocat new-yorkais facture 400 dollars d’honoraires, une bonne partie part dans le coût de la location des bureaux... Il faut savoir que la location des bureaux coûte 43 fois moins chère en Inde qu’à Manhattan, et qu’à Paris probablement... Paradoxalement, notre Gouvernement semble vouloir favoriser l’inflation immobilière, en tentant de contrôler les taux d’intérêts bancaires. Ce qui n’arrange pas le poids des charges financières des cabinets d’avocats français.
Mais, que pensent justement les avocats français de cette nouvelle tendance ? Hérésie ou logique économique ? Un bon sujet de polémique à débattre en attendant de plaider...
Très bonne rentrée !
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